
Comment êtes-vous arrivés au Lycée Jeanne d’Arc ? Était-ce un choix, poursuiviez-vous un objectif ?
Après 6 ans ½ en poste à la FSCF sans perspective d’évolution de carrière et sans diplôme dans le domaine de l’administration et de la conduite de projet culturel, j’ai souhaité reprendre mes études afin d’être en mesure de chercher un nouvel emploi. Originaire de la région de Rennes, j’étais tentée d’y revenir pour faire cette formation et j’ai recherché les opportunités. Lors d’une conversation, un ami, ancien élève du DU multimédia au lycée Jeanne d’Arc, m’a parlé du DU projet et communication culturelle qui correspondait exactement à mes aspirations. J’ai donc fait une demande de congé individuel de formation (CIF) auprès de mon employeur qui m’a soutenu dans cette démarche, et sollicité le financement de ma reprise d’études qui m’a finalement été accordé.
Etes-vous satisfait de l’orientation que vous avez choisie et de votre de projet professionnel ?
En 2007, bien avant d’initier mon projet de CIF, j’ai réalisé un bilan de compétences dont la conclusion mettait en avant un réel besoin de légitimer mes compétences par le biais d’une formation. Mon année de DU a été une étape mûrement réfléchie dans mon parcours personnel et fait partie intégrante d’un projet professionnel qui s’est précisé tout au long de la formation. Je suis absolument ravie de cette parenthèse dans ma vie professionnelle qui a fait plus que répondre à des attentes puisqu’elle m’a redonné une confiance que j’avais perdue dans la routine d’un travail qui ne m’apportait plus de satisfactions.
Pensez-vous que ce D.U vous a efficacement préparé à la vie active, en général, et à la profession que vous exercez, en particulier ? Merci de justifier votre réponse...
Pour ma part, j’avais plus de 10 ans de vie active derrière moi avant la formation, mais je crois effectivement que le DU prépare réellement à la vie professionnelle. Au cours de mes stages, il m’est d’ailleurs arrivé régulièrement de sortir mes cours pour m’aider à répondre aux missions qui m’étaient confiées. La rencontre avec des professionnels de tous les domaines liés aux métiers de la culture permet aussi d’avoir une vision très large du secteur et ouvre à toutes les opportunités.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ?
Je leur dirais juste de profiter au maximum de la chance que représente l’année de DU, au cours de laquelle le contact permanent avec des professionnels de la culture permet une formation concrète et au plus près des réalités du terrain.
Parlons du stage
Comment l’avez-vous trouvé (demande spontanée, offre, réseau personnel...) ?
J’ai eu beaucoup de difficultés à trouver un stage. J’ai commencé mes recherches mi-janvier, ce qui s’est révélé trop tardif. J’ai d’abord exclusivement répondu à des annonces, que je consultais sur les sites de l’Irma, Profilculture et de la Cité de la musique principalement. J’ai fait suite à une trentaine d’offres de stages sans obtenir le moindre entretien - je n’ai d’ailleurs reçu que sept ou huit réponses à mes courriers et/ou mails. Puis, en désespoir de cause, j’ai commencé à envoyer des candidatures spontanées à des lieux où j’aurais aimé réaliser un stage. Cette méthode s’est révélée plus efficace et j’ai finalement décroché deux stages à quelques jours d’intervalle, parmi lesquels je n’ai pas voulu faire de choix. Ainsi, de mai à septembre, j’ai réalisé de front un stage au service des actions culturelles du conservatoire de musique et de danse de Montreuil (93) et un autre aux côtés de la programmatrice du New Morning, club de jazz parisien.
Pouvez-vous décrire les missions qui vous ont été confiées ?
Au conservatoire de Montreuil, on m’a confié la mise en oeuvre d’un projet d’action culturelle sur la ville en partenariat avec un compositeur contemporain en résidence. Il s’agissait d’organiser 30 mini-concerts surprise dans des lieux et lors d’évènements où l’on ne s’attend pas à entendre de musique contemporaine. Le compositeur avait fait travailler ses pièces à trois groupes de quatre musiciens étudiant au conservatoire et il s’est agi pour moi de trouver les lieux et scénarios d’interventions et de réaliser des feuilles de route pour les trois groupes de musiciens. Cette opération devait se dérouler sur une semaine et j’ai eu six semaines pour tout mettre en place... difficile challenge, d’autant que j’étais peu épaulée! Mais finalement, j’ai réussi à programmer 35 interventions et 29 ont pu avoir lieu.
Le New Morning reçoit régulièrement des stagiaires car l’activité de la salle nécessite un travail administratif parfois assez lourd. Avec la programmation du Festival All Stars du mois de juillet 2010, il était indispensable que quelqu’un s’occupe des demandes de permis de travail au plus vite. De même, il y avait du retard dans la mise à jour de tous les dossiers des concerts passés et il fallait s’occuper de réclamer les factures, contrats et documents de sécurité sociale manquants. J’ai aussi pu découvrir au fil des mois le fonctionnement global d’une salle de concerts, de l’accueil des artistes à la préparation à un contrôle de sécurité inopiné, en passant par la rédaction du programme...
Pensez-vous que les compétences acquises durant votre année de formation ont permis de réaliser ces missions ?
Très honnêtement, les six mois de cours du DU m’ont été extrêmement utiles et m’ont permis d’acquérir des connaissances du secteur culturel en général et des compétences plus spécifiques qui m’ont été d’une aide précieuse au cours de mes stages. Mais, mes expériences professionnelles passées ont également contribué à ce que l’on me confie des missions en autonomie. Il n’en demeure pas moins que j’ai régulièrement eu recours à mes notes qui ont répondu à beaucoup de mes interrogations et m’ont évité de demander de l’aide trop fréquemment à mes référents.
Avez-vous rencontré des difficultés ? Si oui, lesquelles ? Et comment les avez-vous surmontées ?
J’ai rencontré les plus grandes difficultés au cours de mon stage au conservatoire de Montreuil. J’y avais une mission bien déterminée puisque je devais organiser une trentaine d’interventions surprises de musique contemporaine dans des lieux de la ville où l’on ne s’attend pas à entendre de la musique et qui n’étaient pas déterminés à mon arrivée. Ces interventions devaient se dérouler sur une semaine et j’ai disposé de 5 semaines pour prendre les contacts avec des lieux publics et autres associations et entreprises pour mettre tout en place, en relation avec le compositeur en résidence à l’origine du projet. J’ai été livrée à moi-même, très peu aidée par mon responsable de stage en charge de l’action culturelle au conservatoire, et j’ai principalement travaillé avec un compositeur au caractère difficile à gérer. Très sincèrement, si je n’avais pas eu une expérience préalable dans l’organisation d’évènements, ç’aurait été impossible, et même avec cette expérience, j’ai parfois été à bout de nerfs. Mais, en prenant les choses les unes après les autres et en soignant la partie relationnelle avec mes différents interlocuteurs sur les lieux visés, les professeurs et les élèves du conservatoire qui interprétaient les pièces contemporaines, 29 interventions musicales ont pu avoir lieu.
Votre stage vous a-t-il permis d’arriver au poste où vous êtes actuellement ?
Sans le moindre doute, ce stage a été l’élément de mon CV qui a permis que je sois reçue en entretien pour le poste que j’occupe aujourd’hui. L’entretien m’a ensuite permis de présenter mon parcours dans son ensemble.
Revenons à votre métier :
Depuis que vous avez quitté Jeanne d’Arc, avez-vous souvent changé d'entreprise ou de poste de travail ? Si oui, pourquoi ?
A la fin du DU, j’ai réintégré le poste que j’avais quitté un an plus tôt dans le cadre de mon congé individuel de formation. Mon objectif en faisant cette année de DU était d’être plus solide pour chercher un nouvel emploi et quitter mon ancien employeur. Mes stages avaient été si prenants que je n’avais pas réussi à conduire de recherches suffisantes pour ne pas revenir à la fin de la formation. Mais, plus déterminée que jamais, j’ai commencé mes recherches dès mon retour dans mon entreprise et, trois semaines plus tard, je décrochais un CDD au conseil général des Hauts-de-Seine, à la direction de la culture.
Pouvez-vous nous décrire précisément les missions qui sont les vôtres aujourd'hui ?
Je suis aujourd’hui assistante de projet à l’unité des enseignements artistiques du conseil général des Hauts-de-Seine et je vais très prochainement remplacer le chargé de mission de ce même secteur. Je suis en charge notamment de la mise en oeuvre du Schéma départemental des enseignements artistiques du 92, et travaille en étroite collaboration avec les 35 conservatoires du département : organisation de sessions de formation à destination des professeurs, projets pédagogiques, partenariats avec des musiciens reconnus... Je m'occupe également des dossiers de subvention de ces établissements et autres associations culturelles.
Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
J’espère rester quelques années au conseil général et décrocher le concours d’attaché territorial afin de bouger plus facilement ensuite. Mon objectif serait à terme de diriger un petit centre culturel de province... l’avenir dira si c’est un projet réaliste!
Lorsque vous regardez en arrière, votre parcours est-il conforme à celui que vous imaginiez ? Considérez-vous notamment qu'il y figure une part de chance ou de hasard ? Ou, au contraire, votre voie était-elle toute tracée ?
Mon parcours est un peu atypique mais me semble aujourd’hui cohérent, j’ai simplement mis du temps à identifier mes aspirations professionnelles. Je ne crois pas qu’il y ait de hasard dans un itinéraire, mais il y a en revanche des rencontres, des expériences et des étapes qui le jalonnent.
Je suis très satisfaite du tournant que le DU a donné à ma vie professionnelle, aujourd’hui je sais ce que je veux, et ça, c’est très précieux!
Céline FOUILLET
